« Homo faber fortunae suae. »1 pouvions-nous nous dire à l’annonce des résultats définitifs du Brexit il y a quelques jours.

Un rappel à l’ordre démocratique européen pour tous ceux tentés de penser que le vote populiste permettrait d’envoyer des messages fantasmés aux représentants de nos nations.

La démocratie n’est pas un jeu.

Même en mettant de côté la dimension politique du projet de construction de l’Union Européenne, ses origines historiques profondes, pour se contenter d’une simple analyse économique, d’une basique balance coûts/avantages, il apparaissait rationnellement impossible que l’issue du vote soit celle-ci.

Et pourtant, ce qui semblait impossible est arrivé, au grand désespoir, d’une part, de ceux qui croient en la force du rapprochement des peuples européens et, d’autre part, de ceux qui évoluent chaque jour dans le monde réel des échanges commerciaux et financiers globalisés.

Nous voudrions aujourd’hui pouvoir sourire de la situation de nos meilleurs ennemis en indiquant à David Cameron que le tapis rouge est plus que jamais déroulé pour les entrepreneurs du Royaume-Uni qui souhaiteraient bénéficier en France du nouveau paradigme entrepreneurial. Celui qui simplifie la création d’entreprises, attire les nouvelles générations, est capable de mobiliser une large gamme d’instruments de financements, bénéficie d’indicateurs macro-économiques positifs et a compris que l’espace des nouveaux marchés ne connaissait, lui, que très peu les frontières.

Mais ce serait oublier un peu rapidement l’impact d’image extrêmement négatif des dernières semaines sur les investisseurs internationaux, inquiets d’évoluer en France dans un  climat social usé par les conservatismes d’une minorité.

Ce serait surtout oublier trop rapidement le lien si particulier que nous entretenons avec nos cousins les plus proches et les bouleversements que la situation va engendrer pour nous toutes et tous.

Puissions-nous transformer ce risque immense en une opportunité de construire une Europe réellement intégrée, harmonisée et fédérée.

Puissions-nous prendre rapidement conscience du fait que ni la paix, ni la stabilité économique ne nous sont ni ne nous seront garantis sans effort*.

Florian BACHELIER